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Il rapporto tra l'alfabetismo e l'analfabetismo è costante, ma al giorno d'oggi gli analfabeti sanno leggere. Eugenio Montale

dicembre 21, 2009

L'Italia delle arti divisa dal crocifisso di Michelangelo

L'Italie des arts divisée par le crucifix de Michel-Ange

Pour 3,2 millions d'euros, l'Etat italien pensait avoir fait une bonne affaire en acquérant, le 11 décembre 2008, une statue en bois d'un Christ en croix haute de 41,3 centimètres, datant de 1495 et attribuée à Michelangelo Buonarotti dit Michel-Ange (1475-1564). Qui dit moins ? D'autant que le vendeur, un antiquaire de Turin (Piémont), en demandait 15 millions d'euros. Tout attestait le talent de Michel-Ange, alors âgé de 20 ans : la légèreté de l'ensemble, l'articulation des genoux, les muscles des épaules, les fesses, l'inclinaison de la tête du Christ qui évoque inévitablement la Pietà de la basilique Saint-Pierre de Rome. Restaient bien un torse trop compact ou des jambes trop longues. Mais, à ce prix-là, on n'allait pas chipoter.
Fier d'avoir enrichi le patrimoine national italien au plus fort de la crise économique, le ministre de la culture, Sandro Bondi, décidait aussitôt de montrer l'oeuvre au pays avec une exposition itinérante de Palerme à Milan (elle est actuellement visible au Musée diocésain de Naples). Deux jours après l'acquisition du crucifix, Benoît XVI venait l'admirer à l'ambassade d'Italie auprès du Saint-Siège en lui attribuant ainsi une sorte de certificat d'authenticité qu'aucun document n'est venu attester.
Un an plus tard, la belle histoire est peut-être en train de tourner court. Vendredi 11 décembre, les carabiniers - mandatés par la Cour des comptes - ont effectué une perquisition de cinq heures au ministère des biens et des activités culturels et ont fait main basse sur toute la documentation concernant l'acquisition du crucifix. Et les parquets de Turin et de Rome ont ouvert une enquête. Le crucifix est-il l'oeuvre de Michel-Ange comme le soutiennent quelques experts ou celle d'un estimable artisan de Florence comme le disent d'autres ?
Investissement risqué
Selon Antonio Paolucci, directeur des musées du Vatican, et Christina Acidini, directrice des musées de Florence, "ce crucifix est un enrichissement important du patrimoine italien". Pour Francesco Gagliotti, spécialiste en sculpture médiévale, "la qualité de l'oeuvre n'a rien à voir avec Michel-Ange, mais elle est un exemple de plus de tant et tant de crucifix fabriqués en série par les artisans florentins de l'époque". Quant à Margrit Lisner, qui a authentifié un autre Christ de Michel-Ange, celui-ci serait l'oeuvre de Sansovino, un artiste de la Renaissance.
L'antiquaire turinois, lui, a moins de préventions. Interrogé par le quotidien La Repubblica sur le fait de savoir si l'Etat n'aurait pas fait un investissement risqué, il répond : "Et sur quoi vaut-il la peine d'investir sinon sur ce qui peut ramener le plus de touristes possible en Italie ?"
di Philippe Ridet http://www.lemonde.fr

1 commento:

Anonimo ha detto...

Really good post!